Apprendre en jouant

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A mesure que le champ de la pensée s’élargit chez l’enfant, il tire du jeu des profits plus grands. Le jeu continue à favoriser les acquisitions mais elles sont d’ordre différent.

Le jeu commence à modifier la vue qu’il a du monde. Jouer avec des sujets représentant des animaux de la ferme revenait, il y a quelque temps encore, à ranger les bêtes par catégorie et à les placer à l’endroit qui convenait. A présent, il voit tout d’un œil différent. Ses petits sujets lui font sentir un mode de vie distinct du sien (car il n’est probablement pas entouré d’animaux de façon constante) et le jeu lui permet de réduire le monde à une échelle qui le met à sa portée.

Le jeu devient plus nettement un exutoire pour ses émotions. Même un pantin type « superman » peut susciter des sentiments doux, mais il peut aussi lui servir à libérer son trop-plein d’agressivité qui, s’il n’était pas canalisé, se retournerait contre d’autres enfants et ferait rapidement considérer son comportement comme méchant et antisocial.

Le jeu stimule son intérêt pour autrui. Si son armoire à déguisements renferme une panoplie de cow-boy ou d’infirmière, il entre dans la peau du personnage en revêtant ses habits. Si votre fille met un chapeau, des souliers à hauts talons trop grands pour elle, et joue à la dame, elle va se comporter comme elle pense qu’une dame doit le faire et jette ainsi un coup d’œil introspectif dans la vie des autres.

Le jeu développe la notion de propriété. « Défendre » un jouet neuf auquel il tient ou préserver sa place dans un camp enseignent en même temps à l’enfant le respect de la propriété et de la vie privée des autres. Le jeu aiguise la curiosité, l’esprit d’indépendance, le goût de l’aventure, et favorise l’épanouissement de l’esprit. Les puzzles et les jouets mécaniques développent les facultés d’analyse; la peinture, le dessin, le modelage vivifient l’imagination créatrice. Réservez pour l’avenir encore assez lointain le microscope, la lunette d’approche, les coffrets de petit chimiste ou de petit magicien qui poussent à l’expérimentation. Tous ces jeux placent l’enfant devant des difficultés qu’il s’ingénie à résoudre.

Le jeu, lorsque l’enfant grandit, le conduit à affronter des événements indépendants de sa volonté: il peut être dans l’incapacité de faire fonctionner une mécanique ou constater son incompétence à réaliser un projet. Cela lui apprend à se colleter avec les difficultés qui surgissent devant lui. Il se trouvera placé devant de choix pénibles, et ce sera à lui de trancher.

Le jeu conduit l’enfant à se connaître lui-même: il lui permet de déterminer quels sont ses points faibles et ses points forts.

Le jeu apprend à réfléchir. Dès l’âge de trois ans, un enfant peut révéler un certain sens de l’organisation. Il introduit un car de police parmi le flot de ses petites voitures et fait stationner une dépanneuse sur le bas-côté de la route. Cela prouve qu’il est capable de prévoir. Il découvre la nécessité d’être patient en s’obligeant à attendre que ses collages tiennent ou que sa terre sèche; et entre camarades, lorsque des jouets sont mis en commun, il découvre la valeur des concessions mutuelles.

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