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La plupart des femmes ne savent pas si elles subiront une césarienne tant que le travail n’est pas enclenché. Il existe cependant plusieurs signes précoces qui indiquent une probabilité plus grande de recours à la césarienne:

Des antécédents de césarienne. Mais seulement pour des raisons qui peuvent se reproduire comme une anomalie du bassin. La plupart des femmes qui ont déjà eu une incision utérine transversale peuvent accoucher naturellement.

Présentation par le siège ou transversale ou toute autre présentation difficile pour l’accouchement nécessitent souvent le recours à la césarienne.

Disproportion fœto-pelvienne. Une disproportion entre la tête du bébé et l’orifice du bassin de la mère, ne permettant pas l’accouchement par voies naturelles, n’apparaît habituellement que lorsque le travail cesse de progresser, à moins qu’elle ne soit cliniquement évidente.

Toxémie qui ne réagit pas au traitement. Dans de tels cas, la seule façon de protéger la mère et le bébé consiste en un accouchement rapide. Si on ne parvient pas à provoquer le travail, ou si le fœtus est très immature ou en détresse, une césarienne sera salvatrice pour le bébé.

Placenta prævia (position anormalement basse du placenta). Si le placenta recouvre partiellement ou complètement l’ouverture du bassin, une césarienne s’avère absolument indispensable. On peut diagnostiquer cet état grâce à une échographie pratiquée avant le travail et à l’examen du col lorsque celui-ci a commencé à se dilater. Mais on peut tenter un accouchement par voies naturelles sous surveillance médicale parfaite quand le placenta est situé sur le côté et qu’il n’a pas commencé à se décoller de l’utérus.

Décollement du placenta (séparation prématurée de la paroi de l’utérus et du placenta en position normale, hématome rétro placentaire en cas de toxémie gravidique). Le décollement avant le début du travail occasionne des saignements et met en danger la mère et le bébé si on n’extrait pas l’enfant rapidement, soit en provoquant l’accouchement par voies naturelles si le décollement est faible et la dilatation complète, soit par césarienne.

Incompatibilité du facteur Rh. Quand le bébé en est affecté, ce qui est rare de nos jours, il arrive qu’il ne puisse pas supporter un accouchement par voies naturelles.

Herpès actif chez la mère (peu avant l’accouchement). Comme le bébé peut contracter l’herpès pendant son passage dans le canal de naissance, si l’infection de sa mère est active, on prévoira une césarienne.

Fœtus post-mature (en cas de dépassement de terme). Lorsque le bébé a dépassé sa date présumée de naissance de façon certaine et que l’alimentation par le placenta a commencé à diminuer nettement.

Diabète de la mère. Un accouchement précoce est souvent souhaitable pour les bébés dont la mère est diabétique, afin d’empêcher qu’ils deviennent trop gros ou post-matures ; selon l’état de la mère et du bébé, et selon certains autres facteurs, on peut provoquer le travail ou pratiquer une césarienne (après amniocentèse pour déterminer la maturité pulmonaire de l’enfant).

Hypertension ou maladie de reins chez la mère. L’une ou l’autre peuvent nécessiter une césarienne.

Détresse fœtale ou maternelle avant terme. Quand chez la mère ou le fœtus surgissent soudainement des problèmes et qu’un accouchement d’urgence s’impose, on a le plus souvent recours à une césarienne.

C’est surtout durant le travail, dans les cas qui suivent, que se déclare la nécessité de pratiquer une césarienne :

Manque de progression du travail. Celui-ci peut être dû à des contractions inefficaces ou trop faibles, en dépit d’une perfusion d’ocytociques.

Détresse fœtale. Quand le fœtus a des problèmes, il est impératif de pratiquer rapidement une césarienne. Aujourd’hui, on diagnostique la détresse du fœtus à l’aide d’un monitorage fœtal électronique (il est important de faire une lecture experte des relevés pour éviter une erreur de diagnostic).

Procidence du cordon (cordon ombilical qui descend dans le bassin ou le vagin). Lorsque le cordon est comprimé entre le bassin et le bébé, diminuant ainsi la circulation sanguine vers le bébé, une césarienne d’urgence est souvent nécessaire.

Si les césariennes sont sûres et souvent salutaires, pourquoi avons-nous peur à l’idée d’en subir une? En partie parce que la perspective d’une opération chirurgicale, quand bien même courante et sans risque, reste toujours un peu effrayante ; mais surtout parce que, passant des mois à nous préparer à l’accouchement idyllique par voies naturelles, nous entrons habituellement dans la salle de travail peu préparées à l’éventualité — 1 chance sur 10 — d’une césarienne. Nous balayons pendant neuf mois cette idée déplaisante de notre esprit. Nous dévorons des livres sur la maternité, mais en évitant soigneusement les chapitres sur la césarienne. Nous posons des milliers de questions sur l’accouchement par voies naturelles dans les cours de préparation à l’accouchement, mais aucune sur la naissance chirurgicale. Nous avons hâte de tenir la main de notre mari en poussant notre bébé vers la vie, mais pas d’être étendue passivement voire sans connaissance, pendant que des instruments stériles se promènent dans notre ventre pour extraire ce dernier tel un vulgaire appendice. Quand nous devons soudainement faire face à une césarienne, nous nous sentons privées de contrôle sur la naissance de notre bébé. La technologie médicale a pris le dessus, introduisant frustration, déception, colère et culpabilité.

Aussi serait-il souhaitable que vous soyez autant préparée à l’éventualité d’un accouchement chirurgical qu’à celle d’un accouchement par voies naturelles : l’accouchement par césarienne peut lui aussi être formidable.

En y réfléchissant dès maintenant, vous pourrez envisager, le cas échéant, la perspective d’une césarienne avec moins d’amertume et la vivre avec plus de satisfaction.

Discutez-en avec votre obstétricien. Ne le laissez pas éluder la question sous prétexte que votre grossesse se passe très bien et expliquez-lui que vous voulez être préparée le cas échéant. N’hésitez pas à exprimer votre désir que l’on parle devant vous si l’on décide de pratiquer une césarienne.

Si votre obstétricien décide à l’avance du recours à la césarienne, demandez des explications détaillées sur ses motifs et s’il existe une autre alternative, par exemple un essai de travail : une fois en travail, il se peut que vous puissiez continuer si tout progresse normalement. Si vous mettez en doute la justesse de sa décision, vous pouvez éventuellement demander l’avis d’un autre médecin.

Que vous vous prépariez à une césarienne inévitable ou seulement à l’éventualité d’en subir une, il y a une quantité de points dont vous devriez discuter avec votre médecin. Bien sûr, très peu de femmes enceintes choisiraient la césarienne pour accoucher, et près de 90 % accoucheront par voies naturelles selon leur souhait. Mais pour les autres, un sentiment de déception, de culpabilité ou d’échec ne se justifie pas.

Quelles qu’en soient les modalités, un accouchement qui donne la vie à un bébé en bonne santé est un succès inestimable.

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  • Césarienne II | Guide de Nourrison