Césariennes répétées

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«Je ne peux pas accoucher naturellement à cause de la forme anormale de mon bassin. Tout comme ma mère, je souhaiterais avoir six enfants, mais on m’a dit que la limite était fixée à trois césariennes.»

Ethel Kennedy pourrait vous en parler longtemps ! L’indomptable épouse de Robert F. Kennedy a, parait-il, mis au monde 11 enfants par césarienne à une époque où l’opération n’était ni aussi sûre ni aussi facile qu’aujourd’hui. Bien entendu, il n’est pas toujours possible de subir plusieurs césariennes et cela dépend souvent de la nature de l’incision et du genre de cicatrice qui s’est ensuivie. Abordez la question avec votre obstétricien, parce que seule une personne qui connaît bien votre dossier peut vous dire si vous pouvez égaler Ethel Kennedy ou pas. Vous pourriez être heureusement surprise.

À cause de vos cicatrices cependant il vous faudra prendre garde à d’éventuels signes de travail (contractions, pertes sanguines, rupture de la poche des eaux) au cours des derniers mois de grossesse. S’ils survenaient, avisez votre médecin et rendez-vous immédiatement à la maternité. Prévenez-le aussi en cas de douleur abdominale inexpliquée ou persistante et de saignement en cours de grossesse.

«J’ai donné naissance à mon premier enfant par césarienne d’urgence. Je suis à nouveau enceinte et on m’a dit : « césarienne un jour, césarienne toujours ».»

Jusqu’à tout récemment, l’édit « césarienne un jour, césarienne toujours » était intangible pour les femmes qui avaient eu au moins un enfant par incision utérine corporéale (verticale). Même s’il arrive à bien des femmes qui ont accouché par césarienne d’en subir d’autres, nombre d’entre elles (souvent celles à qui on a fait une incision basse transversale, désormais habituelle) peuvent aujourd’hui accoucher normalement, même après deux césariennes.

Vos chances d’accoucher normalement dépendront de l’origine de la première césarienne. Si l’opération s’est produite à la suite d’un incident (détresse foetale, décollement prématuré du placenta, mauvaise position du placenta, infection, présentation par le siège ou toxémie), il est possible que vous puissiez accoucher naturellement cette fois-ci. Si la césarienne était due à une maladie chronique (comme certains cas de cardiopathies) ou à un problème permanente (forme du bassin), vous devrez sûrement en subir une autre.

Ne vous fiez pas à vos souvenirs pour en déterminer la cause: vérifiez (ou deman- dez à votre médecin de le faire) le dossier de naissance.

Si cette fois-ci, vous avez très envie de vivre un accouchement par voies naturelles, parlez-en à votre médecin. Certains praticiens n’autorisent pas leurs patientes à l’utérus cicatriciel à entrer en travail par crainte d’une rupture de l’utérus. Il vous faudra non seulement trouver un médecin disposé à vous accompagner depuis le début du travail jusqu’à l’accouchement, mais aussi accoucher dans un endroit très bien équipé et sous surveillance permanente, au cas où un problème surviendrait.

Pour accoucher en toute sécurité par voies naturelles, votre rôle est aussi important que celui du médecin. Vous devrez :

  • Suivre sérieusement les cours de préparation à l’accouchement, pour que votre travail soit le plus efficace possible.
  • Aviser votre médecin dès que se produiront les signes de travail comme les contractions, les pertes sanguines ou la rupture de la poche des eaux.
  • Avertir immédiatement votre médecin de toute douleur ou de toute sensibilité anormale entre les contractions.

Cependant sachez que même une femme qui n’a jamais subi de césarienne court de 14,3% de risques d’y avoir recours. Ne soyez donc pas déçue si vous finissez par réitérer votre première expérience. Après tout, ce qui compte vraiment c’est la naissance en toute sécurité de votre enfant.

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