Déclenchement du travail

sourire

«Mon médecin veut déclencher le travail. Cela me dérange parce que j’aurais voulu avoir un accouchement naturel.»

Dans certaines circonstances, quand le travail ne se déclenche pas de lui-même, qu’il est faible et irrégulier, la nature a besoin d’un petit coup de pouce. Par exemple quand il y a:

Rupture prématurée des membranes, pour réduire les risques d’infection si le travail ne s’est pas déclenché spontanément dans les 24 heures qui suivent (certains médecins attendront plus longtemps, d’autres moins).

Dépassement de terme: quand la grossesse a dépassé la date prévue ou quand les tests de stress et les battements cardiaques du fœtus montrent que le placenta ne fonctionne pas de façon optimale en raison de son vieillissement.

Arrêt ou inefficacité du travail, qui peuvent mettre la mère et l’enfant en danger, si l’accouchement est retardé.

Diabète maternel: le déclenchement de l’accouchement chez les mères diabétiques est souvent indiqué parce que leur placenta a tendance à se détériorer prématurément, et parce que, si on les amènent à terme, les bébés peuvent devenir trop gros.

D’autres maladies de la mère, telles que l’hypertension ou les maladies rénales, dans lesquelles il peut être dangereux d’amener le bébé à terme.

Incompatibilité du facteur Rhésus, quand le bébé ne pourrait survivre s’il n’est pas délivré plus tôt.

Bien que la rupture des membranes (si elle n’intervient pas naturellement) soit dans certains cas prescrite pour essayer de susciter le travail, on utilise beaucoup plus fréquemment les ocytociques pour stimuler l’utérus.

L’ocytocine est une hormone produite naturellement par l’hypophyse maternelle pendant la grossesse. À mesure que la grossesse progresse, l’utérus devient de plus en plus sensible à l’hormone. On sait que l’hormone peut être libérée par la femme enceinte par la stimulation de ses mamelons, produisant une contraction de l’utérus. En effet, on conseillait jadis à la femme de se pincer les mamelons pour provoquer ou pour stimuler les contractions, avant de recourir à des méthodes moins naturelles.

L’administration d’ocytociques (ocytocine synthétique désormais utilisée) est cependant la méthode la plus fiable de déclenchement. Quand les conditions sont propices, elle est capable d’imiter le travail d’une manière aussi précise que la nature, avec des contractions de qualité. On administre l’hormone par perfusion dont le débit est réglé par pompe ou seringue électrique. En général le déclenchement commence lentement, en administrant très peu d’ocytociques et on enregistre soigneusement sur moniteur les contractions utérines et le bruit du cœur (un médecin ou une sage-femme doivent être constamment présents pendant le déclenchement). On augmente la vitesse du soluté graduellement jusqu’à ce que des contractions efficaces s’établissent. Si l’utérus de la mère s’avère être extrêmement sensible à la médication, ou s’il est trop stimulé et produit des contractions trop longues ou trop puissantes, cette méthode permet la diminution ou l’arrêt immédiat de la médication. Si, après six à huit heures d’administration d’ocytociques, le travail n’a pas commencé ou progressé, on arrêtera probablement la procédure pour essayer une mesure autre.

Le déclenchement du travail n’est pas conseillé dans le cas de souffrance fœtale sérieuse, s’il existe un doute quant à la possibilité de passage du fœtus dans le bassin de la mère, et souvent chez les femmes qui ont eu cinq grossesses ou plus.

Certaines femmes trouvent particulièrement désagréable un déclenchement si brutal du travail ; d’autres se sentent même bernées par la brièveté de leur expérience du travail ; mais d’autres encore apprécient une naissance aussi vite au faîte. Avec leur mari à leurs côtés elles traversent le travail, provoqué autrement que par la nature, en se servant de tous les exercices respiratoires et de toutes les méthodes de soulagement qu’elles ont apprises dans les cours de préparation à l’accouchement. Il peut en être ainsi pour toutes celles qui se souviendront que le travail (quel que soit son déclenchement), reste le travail. Il n’y a pas de raison pour qu’un accouchement qui ne commence pas «naturellement» ne s’avère pas être une expérience de naissance pleinement satisfaisante et mémorable.

Commentaires

Commentaires

Time executed 0 seconds
  • Déclenchement du travail | Guide de Nourrison