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«J’ai peur de faire une fausse couche.»

Chez la plupart des femmes enceintes, la joie est modérée par la crainte d’une fausse couche pendant le 1er trimestre. Certaines hésitent même à répandre l’heureuse nouvelle avant le 4e mois, moment où elles seront sûres du caractère définitif de leur grossesse. Et pour la plupart d’entre elles — probablement 90 % — ce sera effectivement le cas.

Même si c’est difficile à admettre pour les parents au moment où elle se produit, une fausse couche est une bénédiction. Une fausse couche précoce est en général un processus de sélection naturelle par lequel un embryon ou un fœtus défectueux (défectueux à cause de facteurs d’environnement, tels que des radiations ou certaines drogues ; une mauvaise implantation dans l’utérus ; une anomalie génétique (souvent), une infection maternelle, un accident ou des raisons inconnues) est éliminé avant d’avoir la possibilité de se développer.

La plupart des femmes qui font une fausse couche ne souffrent pas d’avortements à répétition. En réalité, faire une fausse couche est si courant que certains médecins pensent que presque toutes les femmes en font au moins une au cours de leur vie. Plusieurs de ces fausses couches passent inaperçues, se produisant avant même que la femme ne se rende compte qu’elle est enceinte et elles sont perçues comme une menstruation un peu plus abondante et douloureuse.

Bien que les origines de la fausse couche précoce ne soient pas encore clairement établies, il semble que les facteurs suivants soient étrangers au problème :

-Les infections de l’endomètre (la muqueuse de l’utérus) qui peuvent empêcher l’œuf de s’implanter dans l’utérus, mais ne devraient pas provoquer de fausse couche une fois que l’implantation est bien établie.

-De multiples avortements. Des cicatrices sur l’endomètre dues à plusieurs avortements, ainsi qu’à des infections de causes variables, peuvent empêcher l’implantation mais ne devraient pas, sauf exceptions, être responsables d’une fausse couche précoce.

-Les activités physiques habituelles et auxquelles vous êtes accoutumée, telles que suspendre des rideaux, déplacer des meubles légers, jouer au tennis, etc.

-Les contrariétés qui résultent d’une dispute, du stress du travail ou de problèmes familiaux.

-Une chute ou autre accident mineur chez la mère. Mais des blessures graves pouvant porter atteinte au fœtus, vous devriez toujours observer les règles de prudence minimales (telles que boucler votre ceinture de sécurité ou ne pas monter sur des chaises bancales).

Il est cependant d’autres facteurs qui, eux, augmentent les risques d’un avortement spontané. Certains sont accidentels et leur caractère exceptionnel ne devraient pas affecter les futures grossesses (par exemple une infection grave comme la pneumonie ; une grosse fièvre ; une maladie, des radiographies nombreuses ou des médicaments qui nuisent au fœtus ; un stérilet en place au moment de la conception). D’autres facteurs de risque, lorsqu’ils sont détectés, peuvent être contrôlés au cours des grossesses suivantes (la malnutrition ; le tabac ; l’insuffisance hormonale, et certains problèmes médicaux chez la mère). Il existe encore quelques facteurs de risque de fausse couche qu’on ne peut facilement contrôler (tels que les malformations de l’utérus, bien que certaines puissent être corrigées grâce à une intervention chirurgicale, et certaines maladies chroniques chez la mère).

Ce qui ne doit pas vous inquiéter.

Il est important de se rappeler que chaque crampe, chaque douleur ou chaque petite perte n’est pas nécessairement un signe avant-coureur de fausse couche. N’importe lequel de ces symptômes sans conséquences peut apparaître à un moment ou à un autre au cours d’une grossesse normale:

-Crampes ou douleurs légères d’un côté ou des deux côtés de l’abdomen. Elles sont probablement causées par l’étirement des ligaments qui supportent l’utérus. A moins que les crampes ne soient violentes, constantes ou accompagnées de saignements, il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

-Pertes pendant la période approximative où vous auriez dû avoir vos règles, soit environ 7 à 10 jours après la conception, quand la petite cellule qui deviendra votre bébé se rattache à la paroi de l’utérus. Un léger saignement est fréquent à ce moment-là et n’indique pas nécessairement un problème de grossesse, à condition qu’il ne soit pas accompagné de douleurs dans le bas du ventre.

Si vous craignez une fausse couche.

Si ceux-ci apparaissent dans la liste « Vous devez téléphoner à votre médecin » et que votre médecin n’est pas disponible, laissez-lui un message, et appelez un médecin de garde ou un organisme médical d’urgence.

En attendant de l’aide, allongez-vous si possible, ou reposez-vous sur une chaise avec les pieds surélevés. Cela n’enrayera pas la fausse couche si elle est en cours, mais vous soulagera.

Sachant toutefois que la moitié des femmes qui ont des saignements en début de grossesse, la mènent à terme et donnent naissance à des bébés en bonne santé, essayez de vous détendre. Si, après examen, le médecin découvre que votre col est dilaté, il concluera que vous avez fait une fausse couche ou qu’elle est en cours. En pareil cas, on ne peut rien faire pour éviter la perte du fœtus qui, la plupart du temps, est déjà sans vie avant le début de la fausse couche : c’est ce qui déclenche l’avortement spontané.

Cependant, si on découvre que le fœtus est toujours vivant (grâce à une échographie) et qu’il n’y a pas de dilatation, la fausse couche qui menace n’est pas certaine. Certains médecins ne prescriront aucun traitement particulier, partant du principe qu’une grossesse vouée à l’échec avortera, thérapie ou pas, et qu’une grossesse saine se poursuivra pareillement. D’autres — en particulier en cas de fausse couche antérieure ou d’implantation précaire — prescriront un repos complet et une restriction des activités, y compris des relations sexuelles. On a suspendu l’usage des hormones, prescrites dans un passé récent en cas de saignements précoces, en raison de leur efficacité douteuse et des dommages qu’elles peuvent causer au foetus si la grossesse se poursuit.

Il arrive, lorsqu’une fausse couche se produit, qu’elle ne soit pas totale. S’il vous semble avoir fait une fausse couche, et que les saignements ou la douleur persiste, téléphonez à votre médecin immédiatement. Vous devrez probablement subir une aspiration, voire un curetage pour que les saignements cessent. Cette intervention est simple mais importante : le médecin aspirera les tissus fœtaux et placentaires qui subsistent.

La perte d’un bébé, même en tout début de grossesse, est traumatisante. Mais ne laissez pas la culpabilité s’ajouter à votre chagrin : ce n’est pas de votre faute si vous avez fait une fausse couche. Partager votre peine avec votre conjoint, votre médecin ou une amie vous soulagera.

Le meilleur remède est sans doute de concevoir un nouveau bébé au plus tôt.

Mais auparavant, discutez avec votre médecin des causes de votre fausse couche et, si c’est possible, remédiez-y avant d’envisager une nouvelle grossesse. Quelles que soient les raisons de votre fausse couche, certains médecins vous conseilleront d’attendre 3 mois avant de recommencer, bien que vous puissiez souvent reprendre vos relations sexuelles après 2 semaines. Envisagez cette période d’attente de façon positive. Tirez-en profit en améliorant votre régime alimentaire et en prenant de saines habitudes. Vous avez de bonnes chances d’avoir une grossesse normale et un bébé en bonne santé la prochaine fois.

«Je ne me sens pas vraiment enceinte. Ai-je pu faire une fausse couche sans m’en rendre compte?»

Bien qu’elle soit fréquente, la crainte de faire une fausse couche sans s’en rendre compte est injustifiée. Une fois qu’une grossesse est établie, les signes d’avortement ne passent pas inaperçus.
«Ne pas se sentir enceinte» ne doit pas être source d’anxiété. Partagez vos inquiétudes avec votre médecin, lors de votre prochaine visite, il vous rassurera sans aucun doute.

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