La deuxième étape: La poussée et l’expulsion

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Votre participation active à l’accouchement a été, jusqu’à ce point, minime. Même s’il est incontestable que vous ayez subi les attaques de son processus, votre col, votre utérus et le bébé ont fait la majorité du travail. Mais maintenant que la tâche de la dilatation est terminée, on a besoin de votre aide pour pousser le bébé à travers et hors du canal de naissance. Cela prend en général une demi-heure, mais parfois 10 petites minutes. Les contractions de la deuxième étape sont plus régulières que les contractions du stade de transition. Elles durent toujours de 30 à 45 secondes, mais sont quelquefois plus espacées (habituellement de 2 à 5 minutes) et peuvent être moins douloureuses — bien qu’elles soient parfois plus intenses. Vous devriez maintenant bénéficier d’un moment de répit bien défini, même s’il est possible que vous ayez encore de la difficulté à reconnaître l’amorce de chaque contraction.

Ce que vous pouvez ressentir ou observer. Un irrésistible besoin de pousser est fréquent à ce stade (bien que toutes les femmes ne l’éprouvent pas nécessairement). Il se peut que vous ayez un regain d’énergie (une sorte de second souffle) ou que vous soyez fatiguée; que vous sentiez une très forte pression sur le rectum; des contractions très visibles, avec à chaque fois un remarquable soulèvement de l’utérus; une augmentation probable des pertes sanguinolentes; une sensation de picotement, d’étirement, de brûlure et de tension dans le vagin au moment où la tête se présente; et une sensation de glissement humide quand le bébé sort.

Émotionnellement, vous vous sentirez soulagée de pouvoir enfin commencer à pousser (bien que certaines femmes se sentent gênées ou inhibées); il est également possible que vous vous sentiez stimulée et excitée ou, si la poussée se prolonge, frustrée et atterrée. Quand la deuxième étape se prolonge, la préoccupation des femmes n’est pas tant de voir le bébé que d’en finir avec cette épreuve; cette réaction est naturelle et temporaire et ne reflète en rien une incapacité d’amour maternel.

Ce que vous pouvez faire. Mettez-vous en position de poussée : celle-ci dépendra de la politique de la maternité, des préférences de votre médecin, du lit ou de la chaise sur lesquels vous êtes installée, et espérons-le, de vos préférences quant au confort et à l’efficacité.

– Fournissez tous les efforts que vous pouvez. Plus vous poussez efficacement, et plus vous mettez d’énergie dans vos efforts, plus vite votre bébé fera le voyage à travers la filière génitale. Mais gardez vos efforts coordonnés et rythmés. Écoutez attentivement les instructions. Les poussées effrénées et désorganisées gaspillent l’énergie inutilement.

– Ne laissez pas l’inhibition ou la gêne briser le rythme de la poussée. Comme vous poussez sur toute la région périnéale, tout ce que vous avez dans les intestins peut sortir aussi : vous pouvez aller à la selle ; si vous essayez de contrôler vos intestins quand vous poussez, vous gênerez votre progression. Presque toutes les femmes font l’expérience de rémission d’une petite selle pendant leur accouchement. Personne dans la salle n’y prêtera attention et vous devriez faire de même. Cependant, si cette perspective vous est insupportable, il vous est possible d’utiliser un laxatif pendant votre période de travail à la maison.

– Faites ce que vous dicte la nature. Poussez quand vous en avez envie, à moins qu’on vous demande de vous retenir. Respirez plusieurs fois profondément au début des contractions; aspirez encore une fois et retenez votre souffle.

Puis quand la contraction atteint son sommet poussez tant que vous pouvez jusqu’à ce que vous n’ayez plus de souffle. Vous pouvez ressentir jusqu’à cinq envies de pousser à chaque contraction. Obéissez à chaque envie plutôt que d’essayer de retenir votre respiration et de pousser pendant toute la contraction; si vous essayez de retenir votre souffle trop longtemps, vous vous épuiserez et priverez le fœtus d’oxygène. Plusieurs respirations profondes au moment où décline la contraction vous aideront à rétablir votre équilibre respiratoire. Si rien ne se produit de façon naturelle — ce qui arrive parfois — votre médecin vous aidera à diriger vos efforts et à les redistribuer, si vous perdez votre concentration.

– Décontractez vos cuisses et votre périnée pendant que vous poussez. La tension agit à rencontre de vos efforts pour pousser.

– Arrêtez de pousser quand on vous le dit (si la tête sort trop rapidement par exemple). Au lieu de pousser haletez et soufflez.

– Reposez-vous entre les contractions, avec l’aide de votre sage-femme. Si vous êtes exténuée, en particulier lorsque le second stade se prolonge, votre médecin peut vous demander de ne pas pousser pendant quelques contractions pour que vous puissiez recouvrer vos forces.

– Ne soyez pas frustrée si vous voyez apparaître la tête du bébé pour la voir disparaître ensuite. L’accouchement s’effectue deux pas en avant et un pas en arrière.

– Pensez à regarder dans le miroir (si vous avez demandé que l’on en installe un) l’apparition de la tête de votre bébé: cela vous encouragera à pousser quand ce sera plus difficile.

Ce que peut faire votre mari.

– Continuez à la réconforter et à la supporter, mais ne vous sentez pas blessé si votre femme semble ne pas se rendre compte de votre présence. Il est naturel que son énergie soit concentrée ailleurs.

– Servez-lui de guide pour pousser et pour respirer, en utilisant les techniques que vous avez apprises pendant les cours de préparation à l’accouchement et transmettez-lui les instructions du médecin ou de la sage-femme.

– Ne soyez pas intimidé par la délicatesse et l’adresse professionnelle de l’équipe médicale autour de vous. Votre travail est lui aussi important. Et en fait, lui chuchoter « je t’aime » peut avoir plus d’importance à ses yeux à ce moment-là que tout ce que leur expérience pourrait offrir.

– Aidez-la à se détendre entre les contractions avec des mots apaisants, appliquez un linge frais sur son front, son cou et ses épaules, et, si c’est possible, faites-lui des massages ou des contre-pressions pour aider à soulager ses douleurs dans le dos.

– Continuez au besoin à la rafraîchir à l’aide d’un aérosol d’eau minérale.

– Supportez son dos pendant qu’elle pousse, si nécessaire; tenez-lui la main, essuyez-lui le front, caressez son bras — ou faites tout ce qui semble l’aider. Si elle glisse, aidez-la à se redresser.

– Faites-lui remarquer ses progrès de temps en temps. Si le bébé commence à apparaître, rappelez-lui de regarder dans le miroir pour qu’elle puisse avoir un contact visuel avec la tâche qu’elle est en train d’accomplir ; quand il n’y a pas de miroir, décrivez-lui ce qui se passe minute par minute. Prenez sa main et touchez la tête ensemble pour renouveler votre enthousiasme (si le médecin est d’accord).

– Si on vous offre «de saisir» votre bébé au moment de sa sortie, ou, plus tard de couper le cordon, ne paniquez pas. Les deux sont faciles à faire, et le personnel vous donnera des directives, vous encouragera et vous soutiendra, étape par étape.

Ce que fera le personnel médical.

– Vous serez transportée dans la salle où vous accoucherez, si vous n’y êtes pas déjà.

– L’équipe vous encouragera et vous guidera à mesure que l’accouchement progressera.

– On continuera de vérifier l’état du fœtus périodiquement par le moniteur fœtal.

– Au moment où la tête se présentera, le médecin ou la sage-femme se préparera pour l’expulsion: on installera un champ stérile et mettra en place les instruments. Le personnel médical s’habillera avec des vêtements de chirurgie et mettra des gants, il badigeonnera votre région périnéale avec un antiseptique.

– Si nécessaire le médecin pratiquera une épisiotomie juste avant l’apparition de la tête (celle-ci sera indolore si on vous incise pendant le sommet d’une contraction, au moment où la tête du bébé engourdit naturellement le périnée, mais le médecin peut cependant vous administrer un anesthésique local).

– Le médecin décidera d’utiliser les forceps pour faciliter l’expulsion de la tête, si besoin est, si le bébé montre des difficultés à tolérer le stress du travail, si votre condition médicale indique que vous ne pouvez plus pousser, ou si une présentation du fœtus légèrement anormale ou une petite disproportion entre le fœtus et le pelvis empêchent le travail de progresser. On administrera un anesthésique local si on n’a pas déjà fait une péridurale, car l’accouchement à l’aide de forceps peut être douloureux. Si les forceps ne donnent pas de résultat ou s’il est impossible de les utiliser, la césarienne peut s’avérer être la méthode la plus sûre pour le bébé et pour vous-même.

– Une fois la tête sortie, on aspirera rapidement le nez et la bouche du bébé pour les débarrasser des sécrétions, puis on sortira les épaules et le torse.

– On pincera et coupera le cordon ombilical pendant que le nouveau-né est étendu sur votre ventre. On peut demander à votre mari de le faire.

– L’équipe donnera les premiers soins préventifs au nouveau-né et un médecin ou une sage-femme évaluera son état d’après le score Apgar une minute après sa naissance puis cinq minutes plus tard; on lui administrera une friction vive, stimulante et sèche et en attachant au poignet du bébé un bracelet portant votre nom ; on lui mettra des gouttes dans les yeux pour prévenir l’infection ; on le pèsera et on l’enveloppera pour le réchauffer (dans certaines maternités, il arrive qu’on effectue d’autres examens dans la salle d’accouchement; dans d’autres on le fera plus, tard à la nurserie.).

– Après sa toilette, on vous montrera votre bébé. Selon la situation ou les habitudes de la maternité, il est possible que vous puissiez le prendre dans vos bras pour un petit instant ou peut-être plus.

– On vous enlèvera probablement le bébé pour l’amener à la pouponnière (au moins pour un moment) et on vous transférera dans votre chambre deux heures après l’accouchement. Laisser le bébé au chaud dans une couveuse n’est rien qu’habituel.

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