Les idées abstraites

Happy baby with globe.

Tant qu’il n’a pas deux ans, l’enfant ne peut s’intéresser qu’au concret, c’est-à-dire à ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il sent ou ce qu’il touche. Il n’y a pas encore, à cet âge, de cheminement de l’esprit qui, partant d’une perception, aboutit à une notion abstraite: par exemple, il sait que les bulles de savon s’envoient mais il ignore ce qu’est la légèreté. Il fait la différence entre un et plusieurs mais n’a aucune notion concernant les -quantités. « Beaucoup » signifie pour lui au-delà de un. Il ne mesure pas la fuite du temps : « demain » ou « la semaine dernière » n’éveille aucun écho. C’est à peine s’il comprend « ce soir ». Au cours de sa troisième année, tout change.

Pour penser dans l’abstrait, il doit, au préalable, pouvoir se représenter mentalement ce qui ne frappe pas son regard. Si vous lui demandez de vous apporter un de ses jouets, il faut qu’il se rappelle où et quand il a joué avec pour la dernière fois et qu’il reconstitue ces situations avant d’aller le chercher. Dès qu’il réalise cette opération, il peut concevoir un plan en relation avec un objet qu’il ne voit pas, au sens concret du terme. Quand vous lui demandez: « Où est ton bateau ? », il se le représente mentalement, abandonné sur l’herbe, et il répond: « Bateau dans jardin. Vais le chercher toukaleur ! » Il termine ce qu’il était en train de faire, sort et ramasse son bateau sans qu’on le lui redise. Il a donc gardé en tête l’idée aller chercher ce bateau tout en finissant la tâche entreprise.

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