Méthodes les plus courantes II

peridurale

– La péridurale s’est largement généralisée ces dernières années lors d’accouchements par voies naturelles et de césariennes ; elle est utilisée pour soulager les douleurs du travail et de l’accouchement. Elle anesthésie la partie inférieure du corps. Son succès vient du fait qu’elle est relativement sûre (on a besoin de moins de médicaments pour obtenir l’effet désiré). Pratiquée par un anesthésiste expérimenté, les risques d’accidents de la péridurale sont infimes. Son degré d’efficacité est de 95 à 98 %: c’est la seule technique qui présente une efficacité aussi grande.

On injecte le produit (chlorhydrate de bupivacaïne, lidocaïne ou chloroprocaïne) pendant le travail ou l’accouchement, à l’aide d’un tube fin (cathéter) qu’on a inséré avec une injection dans le dos (après une légère anesthésie locale) jusqu’à l’espace péridural entre la colonne vertébrale et les enveloppes méningées externes, en couchant généralement la mère sur le côté gauche ou en lui faisant prendre une position assise, dos rond. L’opération prend environ 5 minutes. Le produit fait effet 5 à 10 minutes plus tard et sa durée d’action peut varier de 3 à 6 heures (il est exceptionnel que, sous péridurale, un accouchement dépasse 6 à 8 heures) : il est toujours possible, cependant d’effectuer une réinjection. Une fois la péridurale pratiquée, l’anesthésiste reste en principe présent tout au long de l’accouchement. La péridurale permet de raccourcir le temps de travail et présente aussi l’avantage de rendre l’épisiotomie et la suture totalement indolores. Néanmoins, ce procédé demande à la femme une préparation spécifique. Elle doit apprendre à « pousser » sans en ressentir le besoin. On vérifie la tension artérielle en permanence car celle-ci peut chuter soudainement rendant nécessaire l’administration de solutés intraveineux ou de médicaments. Le fait d’étendre la femme sur le côté gauche peut aussi aider. À cause du risque de chute de tension, on évite la péridurale en cas de complications tels une hémorragie, un placenta prævia, ou une détresse fœtale demandant une extraction urgente de l’enfant.

Enfin, il existe des contre-indications médicales à la pratique de l’anesthésie péridurale. Pour conclure, précisons que, en clinique, la péridurale dite « de confort » (sans justification médicale) n’est pas remboursée par la Sécurité sociale. En hôpital public, en revanche, elle est totalement prise en charge par la Sécurité sociale.

L’anesthésie par bloc honteux, utilisée de temps en temps pour soulager les douleurs de la dernière étape, est habituellement réservée à l’accouchement par voies naturelles. On l’administre à l’aide d’une injection dans le périnée ou la région vaginale (alors que la mère est allongée sur le dos les jambes sur les étriers), elle réduit la douleur locale mais pas celle de la région de l’utérus. Elle est utile quand on a recours aux forceps (qui aident à extraire le bébé quand sa tête apparaît à l’entrée du vagin), et son effet peut durer le temps de l’épisiotomie et de la suture.

Anesthésie générale. Jadis utilisée couramment pour l’accouchement l’anesthésie générale — qui endort la patiente — n’est employée aujourd’hui pratiquement qu’en cas de naissance chirurgicale. À cause de sa facilité d’administration, elle est plus susceptible d’être utilisée en cas de césarienne d’urgence, lorsque le temps manque pour administrer une anesthésie locale (péridurale).

On utilise les anesthésiques par inhalation, comme ceux qu’on donne à des fins analgésiques, pour produire une anesthésie générale — souvent conjointement à d’autres agents. Ils sont administrés par un anesthésiste en salle d’accouchement.

La mère est éveillée pendant les préparatifs et inconsciente seulement pendant que l’on retire le bébé et que l’on suture l’incision. Lorsque celle-ci reprend conscience, elle est parfois étourdie, désorientée et agitée. Elle peut avoir des nausées ou des vomissements, et sa vessie et ses intestins peuvent être lents. Il arrive aussi qu’une chute de tension artérielle temporaire se produise.

Le problème majeur de l’anesthésie générale est que, lorsque la mère est sous sédatif, le bébé l’est aussi. La sédation du fœtus peut être réduite, cependant, en administrant l’anesthésie tout juste avant la naissance. De cette manière le bébé peut être libéré avant que l’anesthésie ne fasse son effet sur lui. L’administration d’oxygène à la mère et l’inclinaison sur le côté (généralement gauche) peuvent également réduire l’endormissement de l’enfant.

L’autre risque important de l’anesthésie générale est celui que la mère vomisse et aspire ses vomissures en les inhalant ce qui peut causer des complications telles que la pneumonie d’inhalation. C’est pourquoi on vous demande de ne pas manger pendant le travail et lorsque vous devez subir une anesthésie générale, on insère un tube dans votre gorge pour prévenir l’inhalation. On administre parfois un antiacide oral pour neutraliser l’acidité de l’estomac.

Hypnose. En dépit des réticences qu’elle rencontre, l’hypnose, pratiquée par des personnes qualifiées, procure un moyen légitime et médicalement reconnu de lutter contre la douleur. Il n’y a rien de vraiment mystérieux dans l’hypnose. On enseigne la suggestion et le pouvoir de l’esprit sur la matière, dans tous les bons cours de préparation à l’accouchement. Avec l’hypnose on atteint un très haut degré de suggestion qui (selon la sensibilité de la personne et le genre d’hypnose utilisée) peut avoir différentes répercussions, allant de la relaxation jusqu’à la suppression totale de la perception de la douleur. Seul un adulte sur quatre est réceptif à un certain degré d’hypnose. L’entraînement d’un sujet à l’accouchement sous hypnose devrait commencer plusieurs semaines voire plusieurs mois à l’avance, avec un obstétricien spécialisé en la matière ou un praticien recommandé par votre médecin. Vous pouvez pratiquer l’autohypnose ou requérir l’assistance d’un praticien mais dans les deux cas, soyez prudente.

Enfin la sophrologie a toujours ses adeptes, de même que le yoga et l’acupuncture. Sans risques, ces méthodes peuvent être utiles chez certaines femmes.

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