Monitorage fœtal

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«Mon médecin croit en l’utilisation du monitorage fœtal pour toutes les naissances. On m’a dit que cette pratique entraînait des césariennes inutiles et rendait le travail plus douloureux.»

Pour quelqu’un qui a passé les neuf premiers mois de son existence à nager calmement dans un bain amniotique chaud et confortable, le voyage à travers l’étroit passage du bassin maternel ne sera pas un voyage de croisière. Votre bébé sera comprimé, enserré et poussé par chaque contraction.

C’est parce qu’il y a un risque dans ce voyage stressant (et non pas pour favoriser les césariennes inutiles ou les douleurs chez la mère) qu’on utilise habituellement le monitorage fœtal. Dans certaines maternités, on enregistre de façon électronique le travail et l’accouchement de toutes les patientes. Le monitorage fœtal mesure, par les battements de son cœur, la réponse du bébé aux contractions de l’utérus. La personne qui lit les données du moniteur peut être capable de détecter des signes de stress et de détresse fœtale. Dans le cas d’écarts par rapport à la norme, on peut quelquefois éviter une complication. Les moniteurs fœtaux peuvent être externes ou internes:

– Le moniteur externe. Pour ce genre d’enregistrement, le plus fréquent, on attache deux appareils sur le ventre de la mère. Le premier, un transmetteur à ultrasons, capte les battements cardiaques du fœtus. Le second mesure la durée des contractions. Les deux sont rattachés à un moniteur qui affiche ou imprime les données.

Pendant la seconde phase du travail, le moniteur peut signaler de façon précise le début de chaque contraction et vérifier les battements cardiaques du bébé.

– Le moniteur interne. Quand on a besoin de résultats plus précis (généralement quand on suspecte une souffrance fœtale), on peut utiliser un moniteur interne. L’électrode qui capte les battements du cœur fœtal doit être branchée ou attachée d’une autre manière: au cuir chevelu du bébé en passant par le bassin; aussi cet enregistrement n’est-il possible que lorsque le col est dilaté d’au moins un à deux centimètres et que les membranes sont rompues. On peut enregistrer les contractions soit à l’aide d’une aiguille de pression que l’on rattache au ventre de la mère, soit à l’aide d’un cathéter (tube) rempli de liquide que l’on insère dans l’utérus. Parce qu’on ne peut brancher et débrancher le moniteur interne périodiquement, la mobilité est de fait réduite — mais la femme peut changer de position. Comme toutes les procédures médicales par incursion (qui pénètrent dans le corps), le moniteur fœtal interne entraîne quelques risques mineurs d’infection.

Si votre moniteur fœtal signale des problèmes, ne paniquez pas. La technologie est loin d’être parfaite et la machine fournit parfois de mauvaises données. Dans certains cas, elle fonctionne tout simplement mal; dans d’autres cas, les données sont mal lues. La position de la mère produit fréquemment un changement dans la fréquence des battements cardiaques du fœtus, parce que la pression exercée sur le cordon ou sur la veine cave de la mère obstrue la circulation de sang vers le fœtus. Un changement de position résoud souvent le problème. Si l’administration d’ocytociques pose un problème, la réduction de la dose ou l’arrêt complet de la médication éliminera généralement celui-ci. On peut aussi y parvenir en administrant de l’oxygène à la mère.

Si on enregistre toujours des indications anormales, on peut procéder à d’autres examens. Quand le danger semble grave pour le bébé, le médecin peut opter pour une césarienne. En revanche, quand les lectures sont peu concluantes, on regarde rapidement les autres indices pour vérifier la possibilité de détresse fœtale, comme la présence de méconium dans le liquide amniotique ou le pH sanguin du fœtus (dont on prélève un échantillon sur le cuir chevelu). Afin de parvenir à ces dernières déterminations, la poche des eaux (membranes) doit être rompue, et si cela ne s’est pas déjà produit naturellement, on devra le provoquer de façon artificielle.

On vérifiera les antécédents médicaux et obstétricaux de la mère pour savoir si les anomalies des battements de cœur fœtal ne proviennent pas de médicaments qu’elle aurait pris, d’infections ou de maladies chroniques. Un obstétricien expérimenté prendra en considération tous les facteurs avant de conclure que le bébé est vraiment en danger. Si on diagnostique une souffrance fœtale, on pratiquera immédiatement une césarienne. Si, de l’avis du médecin, le bébé ne court aucun danger pendant le travail, on permettra l’accouchement par voies naturelles.

On estime que le moniteur fœtal sauve la vie de centaines de bébés chaque année ; sans lui, les risques mortels auxquels s’exposent ces bébés pendant leur passage dans la filière génitale seraient découverts trop tard.

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