Placenta prævia

Un_heureux_évenement

Un placenta prævia n’est pas une maladie du placenta, comme son nom pourrait le laisser croire, mais un problème d’emplacement du placenta ; il est attaché à la moitié inférieure de l’utérus, recouvrant parfois le col, partiellement ou totalement Au début de la grossesse, il est assez fréquent que le placenta soit ainsi placé, mais à mesure que la grossesse progresse, et que l’utérus remonte, le placenta remonte. Plus le placenta est proche du col, plus grandes sont les possibilités d’hémorragie, et l’accouchement par voies naturelles (quand le placenta obstrue le col) devient impossible.

On rencontre plus classiquement un placenta prævia chez les femmes qui ont des cicatrices sur la paroi utérine résultant de précédentes grossesses, de césariennes, d’une opération de l’utérus ou d’un curetage. Il semble que le risque de placenta prævia augmenterait encore lorsque le fœtus nécessite une plus grande surface placentaire en raison de besoins accrus en oxygène ou en nutriments (par exemple tabagisme ou grossesse multiple).

Symptômes et signes. Un placenta prævia se manifeste le plus souvent par des saignements indolores se produisant lorsque le placenta s’écarte de la partie étirée du bas de l’utérus; cela arrive parfois avant la 28e semaine, mais le plus souvent entre la 34e et la 38e semaines. Toutefois, on estime de 7 à 30 % les cas exempts de tout saignement. Les pertes sanguines sont habituellement rouge clair, sans douleurs abdominales intenses ni sensibilité excessive, et surviennent spontanément, quoiqu’elles puissent aussi être déclenchées par une toux, un effort physique ou des relations sexuelles. Les saignements peuvent être légers ou abondants, et sont souvent intermittents. Étant donné que le placenta obstrue la sortie, les bébés de mères atteintes d’un placenta prævia ne «descendent» généralement pas dans le bassin, comme les autres, peu avant l’accouchement.

Quand une femme ne manifeste aucun symptôme, on peut ne découvrir son état qu’à l’occasion d’une échographie ou même ne s’apercevoir de rien avant l’accouchement, si cet examen n’a pas été pratiqué. En cas de saignements, une échographie confirmera ou infirmera le diagnostic.

Traitement. La plupart des cas de placenta placés trop bas se corrigent d’eux-mêmes bien avant l’accouchement et n’engendrent aucun problème ; c’est pourquoi il n’est pas nécessaire de recourir à des soins avant la 20e semaine. Passé ce délai, une femme affectée d’un placenta prævia devra peut-être modifier ses activités et se reposer, même si aucun symptôme n’apparaît. En cas de saignements, un séjour à la maternité s’impose pour évaluer la condition de la mère et du bébé et, si nécessaire, pour essayer de régulariser la situation. Quand les saignements cessent ou s’estompent, on préconise un traitement plus conservateur qui consiste en un séjour en maternité un repos alité, une surveillance attentive, des apports en fer voire des transfusions jusqu’à ce que le fœtus soit suffisamment développé pour faire face à l’accouchement. Occasionnellement, si la patiente n’a pas eu de saignements pendant une semaine, on lui permettra de rester chez elle à condition qu’elle se soumette à des restrictions semblables à celles de la maternité ; mais il faudra pour cela qu’elle ait facilement accès à la maternité, qu’elle se contraigne à rester alitée, qu’elle trouve quelqu’un qui reste avec elle 24 heures sur 24 et, si nécessaire, la conduise à la maternité en cas d’urgence. Le but de ces mesures est d’essayer de mener la grossesse au moins jusqu’à la 34e à 36e semaine. À ce stade, si les examens montrent que les poumons sont formés, le bébé pourra naître par césarienne ; on réduit ainsi le risque d’hémorragie.

Bien sûr, si entre-temps les saignements menacent la santé de la mère ou de son bébé, on cessera de reporter l’accouchement, même si cela compromet le développement du fœtus. Grâce à la technologie de pointe disponible dans les unités de soins intensifs des maternités modernes, la plupart de ces bébés prématurés auront de meilleures chances de survie en bénéficiant de ces soins qu’en restant dépendants d’un placenta déficient.

Parmi 10 femmes souffrant d’un placenta prævia, environ 3 auront une césarienne avant que leur travail ne se déclenche. On tentera peut-être un accouchement par voies naturelles si les saignements sont légers et si le placenta n’obstrue pas le col. Dans toutes ces circonstances, les résultats sont habituellement satisfaisants. Un placenta prævia posait auparavant de sérieux problèmes. Aujourd’hui, près de 90 % des mères s’en sortent très bien et leurs bébés aussi.

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