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Distension causée par l’accouchement

«Ce dont j'ai le plus peur, c'est de la distension et du déchirement de mon vagin. Redeviendrai-je la même après l'accouchement Le vagin est un organe remarquablement élastique qui est composé de plis en accordéon qui s'ouvrent pour l'accouchement. En temps normal, il est tellement étroit qu'il peut être difficile d'y insérer un tampon, mais il peut pourtant s'étirer pour permettre le passage d'un bébé de 3 à 4 kilos sans se déchirer. Après la naissance, il reprend presque sa taille normale, bien que certaines femmes rapportent une légère augmentation de ses dimensions. Pour celles dont le vagin était particulièrement petit avant la conception, cela représente un avantage, parce que les relations sexuelles deviennent plus agréables. Pour la plupart des autres, l'extension est légère, imperceptible même, et elle n'entrave pas le plaisir sexuel. Le périnée (l'espace qui se situe entre le vagin et l'anus), également élastique, l'est moins toutefois que le vagin. Chez certaines femmes, le périnée s'étirera suffisamment pour permettre la naissance du bébé, sans se déchirer. Chez d'autres, il se déchirera, à moins que l'accoucheur ne pratique une épisiotomie. La distension entraînerait un ramollissement des muscles un peu plus important que ne le ferait une épisiotomie pratiquée au bon moment, empêchant le périnée de trop s'étirer. Exercer les muscles impliqués dans la naissance, très longtemps avant l'accouchement peut augmenter leur élasticité et faciliter leur retour à la normale. Les femmes enceintes devraient faire des exercices de Kegel régulièrement pendant leur grossesse et continuer au moins pendant six mois par la suite, car ils renforcent la région périnéale. Certains couples trouvent que les relations sexuelles deviennent plus agréables après l'accouchement qu'elles ne l'étaient auparavant, grâce à l'augmentation de la capacité et du contrôle musculaires, que peut développer la femme grâce à l'entraînement préparatoire à la naissance. En d'autres mots, il est possible que vous ne soyez plus la même après l'accouchement, mais que vous vous sentiez même mieux. Lire la suite...

Procidence du cordon

Dans l'utérus, la vie du bébé ne tient qu'à un fil et ce fil, c'est le cordon ombilical. Quand l'enveloppe amniotique se rompt, il arrive que ce cordon glisse ou descende dans le col, et parfois même dans le vagin, entraîné par le flux du liquide amniotique (c'est ce que l'on appelle la procidence du cordon). Si le cordon est, de plus, coincé entre le bébé et les os du bassin de la mère, l'apport en oxygène, vital pour le bébé, peut s'en trouver réduit, voire complètement coupé. Le plus souvent, on rencontre des cas de procidence quand le travail est prématuré (parce que la tête du bébé est trop petite pour occuper entièrement le bassin) ou quand le bébé ne se présente pas par la tête (un pied, par exemple, prend moins de place qu'une tête, laissant ainsi de l'espace pour le cordon qui glisse ainsi dans le col). Symptômes et signes. Il arrive que le cordon ombilical descende tellement qu'on le voie apparaître hors du vagin; ou encore que la mère le sente, comme si elle avait quelque corps étranger dans le vagin. S'il se trouve ainsi compressé, toute souffrance fœtale sera manifeste. Traitement. Si vous pouvez réellement voir ou sentir le cordon ombilical dans votre vagin, tenez-le doucement (sans le compresser ni l'écraser) avec des compresses ou une serviette propre. Faites-vous conduire de toute urgence a la maternité: c'est le moment où jamais d'appeler le SAMU, car la vie de votre bébé est en danger. En effet, la procidence du cordon est une urgence très rare mais redoutable et redoutée. Lire la suite...

Bain

«Ma mère me dit qu'on ne lui permettait pas de prendre de bain après la 34e semaine. Mon médecin me dit qu'il n'y a pas de problème. Qui croire ?» Voici un de ces cas où maman n'a pas raison. Même si cela part d'une bonne intention, elle est mal informée. Son médecin, comme d'autres il y a 20 ou 30 ans, croyait que des corps étrangers, tels que l'eau du bain, pouvaient s'introduire dans le vagin jusqu'au col et causer une infection. Aujourd'hui, les médecins pensent que l'eau n'entre pas dans le vagin à moins d'y être forcée, comme dans le cas d'une douche vaginale : les craintes d'infection ne sont donc pas justifiées. Et l'eau entrerait-elle effectivement dans le vagin, le bouchon muqueux qui contribue, avec la fermeture du col, à clore l'entrée de l'utérus, protégerait efficacement la poche des eaux qui entourent le bébé et le bébé lui-même, d'une infection. C'est pourquoi, à moins que la poche des eaux ne soit rompue ou que le bouchon ne soit expulsé, la plupart des médecins permettront les bains pendant les grossesses normales. Les bains ne sont toutefois pas sans risque, en particulier pendant le dernier trimestre, lorsque la maladresse peut vous faire glisser et tomber. Faites attention en prenant votre bain et faites-vous aider si possible pour entrer et sortir de la baignoire. Lire la suite...

Hémorragie postnatale

L'hémorragie postnatale (des saignements difficiles à contenir) est une complication de grossesse grave, mais exceptionnelle. Rapidement traitée, elle met rarement la vie en danger, comme c'était le cas dans le passé. Ces saignements excessifs peuvent survenir pour différentes raisons: l'utérus est flasque et n'exerce plus de contractions suite à un travail long et épuisant (inertie utérine); l'accouchement a été traumatisant pour le col ou le vagin; l'utérus est distendu à l'excès, à cause d'une grossesse multiple, d'un gros bébé ou d'une surabondance de liquide amniotique ; le placenta ne se décolle pas ou s'est prématurément décollé ; des fibromes empêchent les contractions symétriques de l'utérus; la mère, au moment de l'accouchement, est particulièrement faible physiquement (à cause, par exemple, d'une anémie, d'une toxémie ou d'une fatigue extrême). Ce type d'hémorragie peut survenir immédiatement après l'accouchement, si des déchirures du col, du vagin ou des parois du bassin ou une rupture du périnée sont restées sans soins ou si l'utérus s'est rompu. L'hémorragie peut survenir jusqu'à une semaine ou deux après l'accouchement quand il reste des fragments du placenta dans l'utérus. Quand l'hémorragie postnatale survient tout de suite après l'accouchement ou quelques semaines plus tard, une infection peut encore en être la cause. En de rares occasions, l'hémorragie survient parce qu'on n'avait pas décelé chez la mère de saignements correspondant à un problème génétique ou provoqués par l'absorption d'aspirine ou d'autres médicaments nuisant à la coagulation. C'est assez souligner l'importance de l'examen du placenta, du périnée, du bassin et du col après tout accouchement, afin de prévenir, d'éviter dans la grande majorité des cas, ces problèmes d'hémorragies parfois très graves. Symptômes et signes. Des saignements anormaux après l'accouchement: le sang sature plus d'une serviette à l'heure pendant plusieurs heures ou il continue, sans ralentir, à être rouge clair quatre jours après l'accouchement, malgré un ralentissement des activités de la mère ; des lochies à l'odeur nauséabonde; de gros caillots sanguins ; des douleurs ou un gonflement dans la partie basse de l'abdomen, plusieurs jours après l'accouchement. Traitement. Selon la cause de l'hémorragie, le médecin tentera une ou plusieurs des méthodes suivantes pour contenir les saignements: des massages utérins stimulant les contractions; l'administration de médicaments favorisant les contractions utérines (ocytociques); la recherche de déchirures et, le cas échéant, leur suture ; l'extraction de tout fragment de placenta resté dans l'utérus. Si les saignements ne cessent pas rapidement, on prendra des mesures plus énergiques: perfusions et, si nécessaire, transfusions sanguines ; administration de substances coagulantes, quand le sang coagule difficilement, et d'antibiotiques pour prévenir l'infection. Quand toutes les tentatives pour arrêter l'hémorragie échouent, on doit enlever l'utérus. Mais la plupart du temps, les traitements sont efficaces et la mère se remet aisément d'une hémorragie postnatale. Lire la suite...

Infection postnatale

Une infection due à l'accouchement reste rare chez une femme qui a bénéficié de bons soins médicaux et vécu un accouchement sans complications. L'infection postnatale la plus courante est l'endométrite, une infection de la muqueuse qui tapisse l'utérus et qui est fragilisée après le décollement du placenta (cette muqueuse se nomme l'endomètre). L'endométrite peut apparaître après un accouchement par césarienne survenu à la suite d'un travail prolongé ou d'une rupture de la poche des eaux. On retrouve aussi quelquefois cette infection quand un fragment du placenta est resté dans l'utérus. Le problème peut aussi se poser à la suite d'une déchirure du col ou du vagin. Symptômes et signes. Les symptômes varient selon l'emplacement originel de l'infection. Une infection de l'endomètre est caractérisée par une fièvre, de vagues douleurs abdominales et quelquefois un écoulement vaginal à l'odeur nauséabonde. Quand l'infection a lieu à cause d'une déchirure, la femme ressent habituellement des douleurs et de la sensibilité dans la région affectée et, parfois, il se produit un écoulement épais et nauséabond, des douleurs à l'abdomen ou au côté, et de la difficulté à uriner. Dans certains types d'infections, la fièvre monte jusqu'à 40,5°C et s'accompagne de frissons, de maux de tête et de malaises. Il arrive qu'il n'y ait aucun symptôme hormis la fièvre. Pour ces raisons, la moindre fièvre survenant après l'accouchement devrait inciter toute femme à consulter son accoucheur. Traitement. On considère que le traitement aux antibiotiques est très efficace, à condition de le commencer très vite. Une culture peut être effectuée afin de déterminer la nature de l'organisme responsable de l'Infection: ainsi le médecin pourra prescrire un antibiotique approprié. Lire la suite...

Douleurs au périnée

«Je n'ai eu ni épisiotomie ni déchirure. Pourquoi ai-je aussi mal ?» Vous ne pouvez pas espérer qu'un bébé de 3 ou 4 kilos traverse le périnée sans laisser de trace. Même si le périnée est demeuré intact à l'arrivée du bébé, il a quand même été étiré, meurtri et en général traumatisé; et il en résulte généralement des malaises plus ou moins douloureux. «La région de mon épisiotomie est terriblement douloureuse ! J'ai peur que mes points de suture ne soient infectés. Comment le savoir ?» Les douleurs périnéales qui se produisent au cours de tous les accouchements vaginaux sont souvent accentuées si le périnée a été déchiré ou incisé de façon chirurgicale. Comme pour toute cicatrisation de plaie, il faudra du temps — habituellement 5 à 8 jours — pour que la région de l'épisiotomie ou de la déchirure guérisse. Une simple douleur pendant cette période, à moins qu'elle ne soit très forte, n'indique pas nécessairement la présence d'une infection. Une infection peut parfois se produire, mais très rarement quand on a pris soin de la région périnéale. Pendant votre séjour à la maternité, une infirmière a vérifié le périnée au moins une fois par jour pour s'assurer qu'il n'y avait pas d'inflammation ou tout autre signe d'infection. Elle vous a aussi enseigné l'hygiène périnéale postnatale, qui est importante afin de prévenir l'infection non seulement de la région réparée mais aussi des voies génitales (fièvre puerpérale). Cette hygiène s'applique tout autant aux femmes qui n'ont pas subi de déchirure ou d'épisiotomie, en raison de la menace d'infection des voies génitales. Suivez le présent programme pendant dix jours pour les soins du périnée: - Changez de serviette sanitaire au moins toutes les 4 à 6 heures. Installez-la bien serrée pour qu'elle ne glisse pas, avec un slip à usage unique. - Enlevez la serviette en la glissant de l'avant vers l'arrière pour éviter de transporter les germes du rectum dans le vagin. - Après être allée aux toilettes, nettoyez la région périnéale à l'eau tiède (ou avec une solution antiseptique si votre médecin vous en a prescrit une). Séchez en épongeant avec une compresse ou avec les papiers-éponges qui sont fournis avec les serviettes sanitaires, toujours de l'avant vers l'arrière. - Ne touchez pas à la plaie avec vos mains jusqu'à ce qu'elle soit complètement guérie. - Comme les malaises seront sans doute plus prononcés si vous avez eu des points de suture (à cause de la démangeaison et de l'éventuelle douleur autour de la plaie), vous apprécierez en général le soulagement apporté par les suggestions suivantes: - Appliquez sur la région irritée des compresses chaudes ou légèrement alcoolisées et séchez le périnée avec un sèche-cheveux. - On peut utiliser des anesthésiques locaux en vaporisateur ou en gel; votre médecin peut vous prescrire un analgésique léger. - Étendez-vous sur le côté; évitez les longues périodes debout ou assise, afin de diminuer la pression sur la plaie. Asseyez-vous surtout sur un oreiller ou un coussin gonflable en forme de bouée; serrez les fesses avant de vous asseoir. - Faites les exercices aussi souvent que possible après l'accouchement et pendant toute la période postnatale, pour stimuler la circulation sanguine dans cette région, hâtant ainsi la guérison et améliorant votre tonus musculaire (ne vous inquiétez pas si vous ne sentez rien en les faisant: la région périnéale restera engourdie pendant un certain temps après l'accouchement et la sensation reviendra graduellement au cours des prochaines semaines). Lire la suite...

La première visite prénatale

La première visite prénatale est la plus détaillée de toutes. On y récapitule vos antécédents médicaux, on vous prescrit certaines analyses et vous demande de remplir divers formulaires administratifs. Les habitudes de chaque médecin varieront légèrement. En général la consultation comprendra:
  • La confirmation de votre grossesse.
Votre médecin voudra vérifier les points suivants : vos signes de grossesse et la date de vos dernières règles pour déterminer la date de l'accouchement; la taille de votre utérus, toujours pour déterminer le terme approximatif de la grossesse. En cas de doute, on vous prescrira éventuellement un test de grossesse, si vous n'en avez pas encore subi, voire une échographie, demandée entre 8 et 12 semaines d'aménorrhée.
  • Votre histoire médicale complète.
Préparez cette visite en vérifiant vos dossiers personnels et en vous rafraîchissant la mémoire. Le médecin passera en revue les points suivants : vos antécédents médicaux (maladies chroniques, maladies antérieures importantes ou opérations, médicaments que vous prenez ou que vous avez pris depuis la conception, allergies connues, y compris aux médicaments); histoire médicale de votre famille (maladies héréditaires et chroniques) ; votre histoire personnelle (âge, profession, habitudes telles que ; tabac, alcool, sport, alimentation) ; votre histoire gynécologique et obstétricale (âge des premières régies, durée habituelle du cycle menstruel, durée et abondance des régies ; avortements, fausses couches et accouchements précédents ; déroulement des grossesses, des périodes de travail et des accouchements passés); les antécédents personnels et familiaux du père de votre enfant.
  • Un examen physique complet.
Il peut comprendre : une évaluation de votre état de santé général grâce à un examen du cœur, des poumons, des seins, de l'abdomen, la prise de votre tension artérielle afin qu'elle serve de base de comparaison lors des prochaines visites ; l'évaluation de votre taille et de votre poids, habituel et présent ; l'inspection des extrémités pour vérifier les varices et l'œdème (épaississement qui provient de l'excès de liquide dans les tissus), pour servir de base de comparaison aux visites suivantes ; la palpation des organes génitaux externes ; l'examen interne de votre vagin à l'aide d'un spéculum ; l'examen de vos organes pelviens à l'aide des deux mains (une à l'intérieur du vagin et l'autre sur le ventre) et aussi par le rectum et le vagin ; le bassin osseux sera examiné en fin de grossesse.
  • Une série de tests.
Ils peuvent comprendre : un frottis cervico-vaginal pour la détection du cancer ; un prélèvement vaginal ; une prise de sang pour déterminer votre groupe sanguin, votre facteur Rhésus, l'hématocrite ou l'hémoglobine (pour vérifier l'anémie), la recherche d'agglutinines irrégulières et les tests de la rubéole, de la toxoplasmose, de la séropositivité à l'infection VIH (sida) ; le VDRLTPHA (pour la syphilis), l'analyse des urines pour la recherche de glucose (sucre), d'albumine (protéines), et d'autres tests si besoin est.
  • Une occasion de discuter.
Apportez une liste de questions sur vos problèmes et symptômes. C'est l'occasion de parler de vos craintes, de votre conception de l'accouchement, etc. Lire la suite...

Fièvre

«Je viens tout juste de rentrer de la maternité et j'ai 39 C. Y a-t-îl un lien avec l'accouchement Les risques qu'une nouvelle maman développe une fièvre puerpérale sont extrêmement rares de nos jours. Les cas les plus sévères d'infection se développent habituellement dans les vingt-quatre heures qui suivent l'accouchement. Il est possible qu'une fièvre apparaissant, lorsque vous êtes déjà rentrée chez vous, soit le signe d'une infection postnatale, mais elle peut aussi être causée par un virus ou un autre problème mineur. Une faible fièvre (d'environ 38°C) peut parfois accompagner l'engorgement au début de la montée laiteuse. Lors d'une infection postnatale, les symptômes varient selon l'origine de l'infection. Une légère fièvre, une vague douleur abdominale, et peut-être des pertes vaginales fétides caractérisent l'endométrite, infection de l'endomètre (la muqueuse de l'utérus) rendue vulnérable en raison du détachement du placenta. La possibilité d'infection augmente lorsqu'une partie du placenta n'a pas été expulsée. Dans le cas des infections provoquées par des déchirements du col, du vagin ou de la vulve, il se produira habituellement une douleur ou une sensibilité dans la région infectée ; quelquefois, des pertes vaginales épaisses et nauséabondes, des douleurs dans le ventre et les flancs, ou des difficultés à uriner. Certains types d'infections engendrent une fièvre pouvant monter jusqu'à 40,5°C accompagnée de frissons, de maux de tête et de malaises. Quelquefois, on n'observe aucun symptôme évident hormis la fièvre. Un traitement aux antibiotiques est très efficace, mais il doit être entrepris rapidement. Signalez à votre médecin toute fièvre apparaissant pendant les trois premières semaines après l'accouchement, même si elle est accompagnée de symptômes évidents de rhume ou de grippe. On pourra ainsi en diagnostiquer la cause et entreprendre un traitement adéquat. Lire la suite...

Épisiotomie

«La sage-femme qui donne les cours de préparation à l'accouchement pense que nous ne devrions pas systématiquement subir d'épisiotomie. Mon médecin trouve que c'est absurde. Je ne sais que penser.» Subir ou non une épisiotomie ? Voilà une question sur laquelle se battent certains obstétriciens, des monitrices de cours de préparation à l'accouchement et des féministes, et, au cœur du débat, on retrouve la femme enceinte. La procédure chirurgicale mineure qui est au centre de cette controverse animée a pris origine en Irlande en 1742, pour faciliter les naissances difficiles, mais elle n'est devenue pratique courante qu'au milieu de ce siècle. Aujourd'hui, on pratique l'épisiotomie (une incision chirurgicale que l'on fait dans le périnée pour agrandir l'ouverture du vagin juste avant de délivrer la tête du bébé) dans 80% à 90 % des premiers accouchements et dans environ 50% des accouchements suivants. Il existe deux principaux types d'épisiotomie : la médiane et la médio-latérale. On peut pratiquer l'incision médiane tout droite en direction du rectum. En dépit de ses avantages (elle procure plus d'espace à chaque centimètre d'incision, cicatrise bien, est plus facile à suturer, saigne moins et elle est moins douloureuse après l'accouchement), on utilise moins ce genre d'épisiotomie parce qu'elle présente un plus grand risque de déchirure jusqu'au rectum. Pour éviter cette déchirure, la plupart des médecins préfèrent l'incision médio-latérale, qui part vers le côté plutôt qu'en direction du rectum. La sagesse médicale bien cartésienne a admis l'utilisation de l'épisiotomie pour différentes raisons: ses bords nets sont plus faciles à recoudre qu'une déchirure imparfaite; si elle est pratiquée au bon moment, elle peut prévenir les déchirures des muscles du périnée et du vagin; elle empêche la tête du fœtus de se heurter au périnée; et bien souvent elle écourte la poussée de 15 à 30 minutes — en particulier dans les cas où il y a des indices de souffrance fœtale ou que la mère est fatiguée. Les opposants ripostent en prétendant que l'épisiotomie est une intrusion technologique, absolument inutile et antinaturelle, dans le processus de la naissance. Ils avancent que les incisions sont beaucoup plus grandes que ne le seraient les déchirures, et qu'elles occasionnent des saignements excessifs, des malaises immédiats après la naissance, des relations sexuelles douloureuses pour les mois à venir et une possibilité d'infection En contrepoint, ils préconisent les exercices de Kegel et des massages locaux qui préparent et renforcent le périnée avant l'accouchement, évitent le recours à l'épisiotomie et, l'espèrent-ils, les déchirures. Malheureusement, les résultats ne répondent pas toujours à l'attente : certaines femmes qui ne subissent pas d'épisiotomie ont des déchirures suffisamment importantes pour nécessiter une suture, voire des déchirures sérieuses qui s'étendent jusqu'au rectum. Ce que refusent de reconnaître les inconditionnels (ceux qui font des épisiotomies systématiques, même lorsque ce n'est pas nécessaire, et ceux qui ont l'habitude de ne pas en faire, même quand le besoin se présente), c'est que « subir ou non une épisiotomie » est une question dont on ne devrait pas débattre dans les cours ou dans les cabinets médicaux, mais la poser plutôt dans les salles de naissance et d'accouchement, au moment où la tête du bébé apparaît dans l'anneau vulvaire. C'est à ce moment-là seulement qu'un obstétricien impartial peut porter un jugement réaliste sur la capacité du périnée à s'étirer suffisamment pour laisser passer la tête du bébé, sans se déchirer ni compromettre la santé de la mère et du bébé en prolongeant le travail. Un médecin ou une sage-femme prudents, en cas de doute, opteront en général pour l'épisiotomie contrôlée au lieu de risquer une déchirure incontrôlée. Quelle décision devrait prendre la femme enceinte au sujet de l'épisiotomie ? Aucune. Elle peut se faire une opinion et en discuter avec son médecin ou sa sage-femme pour qu'on en tienne compte au moment de l'accouchement. Mais la décision incombera à l'accoucheur en privilégiant un accouchement rapide et sans danger pour le bien-être de la mère et du bébé. Lire la suite...

Rupture prématurée de la poche des eaux

Il s'agit de la rupture des membranes (poche des eaux) avant le début des contractions. Elle peut se produire quelques heures avant l'accouchement, ou des semaines voire des mois plus tôt. On ne sait pas précisément pourquoi ces membranes se rompent précocement chez l'une alors que, chez l'autre, elles ne se rompent pas même pendant le travail, ce qui oblige l'accoucheur à le faire artificiellement. Symptômes et signes. On constate des pertes et des épanchements vaginaux de liquides continus ou abondants. Après examen, le médecin constate que ces liquides proviennent du col qui peut déjà être ouvert. Traitement. La plupart des médecins s'accordent, à juste titre, à recommander à toute femme dont les membranes se rompent prématurément de se rendre immédiatement sur son lieu d'accouchement pour que l'équipe médicale évalue l'état du bébé et de l'utérus. Cela évite d'éventuelles Infections et d'autres conséquences graves, comme la procidence du cordon. Cet examen peut prendre une heure ou une journée entière. Pendant l'évaluation première, la mère est ordinairement admise à la maternité pour un repos complet et pour un suivi attentif de son état et de celui du bébé. On vérifie régulièrement sa température et l'on procède à une numération globulaire, à un prélèvement microbien vaginal et à un examen d'urine; ainsi, si une infection se manifeste, les médecins peuvent réagir immédiatement pour prévenir l'accouchement prématuré; on administre souvent des antibiotiques, avant même d'obtenir les résultats des analyses. Cette intervention permet de prévenir toute infection à l'intérieur du sac amniotique désormais ouvert. Si les contractions commencent avant que le fœtus ne soit mature, on les stoppe à l'aide d'un médicament. Tant que la mère et le bébé se portent bien, on maintient cette ligne de conduite et on attend ainsi que le bébé soit prêt à affronter l'accouchement en toute sécurité. Si, à quelque moment que ce soit, on considère que le bébé ou la mère sont en danger, on procède rapidement à l'accouchement. Il est rare que l'écoulement de liquide amniotique cesse spontanément. La plupart des médecins essaient de retarder l'accouchement jusqu'à la 34e ou la 36e semaine de grossesse. À ce stade-là, certains provoquent le travail, si c'est possible ; d'autres continuent à reporter l'accouchement jusqu'à la 37e semaine (certains basent leur décision sur la maturité des poumons du bébé qu'ils déterminent en pratiquant une amniocentèse ou en analysant le liquide amniotique qui s'écoule dans le vagin). Mais quand la déchirure prématurée des membranes se produit à la 37e semaine ou plus tard, la plupart des médecins acceptent l'accouchement. Entre deux maux, on choisit le moindre: à ce stade, les chances de survie du fœtus sont très bonnes et un accouchement permet d'éviter une infection probable en cas de retard, même si celui-ci n'est que de 24 ou de 36 heures. Avec des soins appropriés, la mère et le bébé, même prématuré, devraient bien se porter. Lire la suite...
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