Toxémie gravidique

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La toxémie gravidique est une forme d’hypertension liée à la grossesse qui touche plus souvent les primipares.

Symptômes et signes. La maladie se manifeste par une moiteur du visage et des mains, ainsi que par un gain pondéral soudain et excessif (ces deux symptômes ayant pour origine la rétention d’eau), par une tension artérielle que l’on considère comme élevée (à partir de 14/9, à deux examens successifs, la pression artérielle étant prise dans de bonnes conditions) et enfin, par une grande quantité de protéines dans l’urine.

L’état peut évoluer rapidement pour atteindre à une phase plus grave caractérisée par une nouvelle augmentation de la tension (habituellement de 16/10 ou plus), par une quantité accrue de protéines dans l’urine, une vision trouble, des maux de tête, de l’irritabilité, de la confusion, des mictions très peu abondantes, des douleurs à l’estomac (barre épigastrique), ainsi que de mauvais résultats aux analyses des plaquettes sanguines et de l’acide urique. Cela devient alors un problème grave et urgent.

Lorsque la toxémie s’accompagne de convulsions; de coma, on l’appelle éclampsie; état qui peut survenir rapidement.

Cette affection touche 5 % des grossesses et en l’absence de traitement elle peut entraîner chez la mère des dommages irréversibles du système nerveux, des vaisseaux sanguins ou des reins; elle peut priver le bébé d’oxygène et provoquer des retards de croissance (à cause de la quantité réduite de sang qui traverse le placenta) une hypotrophie, voire la mort in utero. Heureusement chez les femmes qui bénéficient de soins médicaux réguliers, la maladie est toujours décelée et soignée à temps et ses conséquences désastreuses évitées.

Occasionnellement la toxémie (ou hypertension due à la grossesse) n’apparaît qu’au début du travail et au moment de l’accouchement voire après. Une hausse de tension soudaine peut être signe de toxémie mais aussi une simple réaction au stress. Par mesure de précaution, les femmes dont la tension augmente sont surveillées très attentivement par des examens fréquents de leur tension, de leur urine (le taux de protéines), de leurs réflexes et de leur examen de sang. Elle peut aussi s’accompagner d’un hématome rètroplacentaire (décollement du placenta).

Traitement. Le traitement varie selon la gravité de la maladie, l’état de la mère et de l’enfant, le stade de la grossesse le jugement du médecin.

Quand la maladie est bénigne, que la femme approche du terme et que son col est prêt (dilaté et raccourci), l’accouchement est habituellement provoqué sans délai. Quand ce n’est pas le cas, l’hospitalisation s’impose pour qu’elle puisse bénéficier d’un repos complet au lit, étendue sur le côté gauche si possible, et sous étroite surveillance. On ne lui prescrira ni diurétiques, ni médicaments pour l’hypertension et elle n’aura pas à suivre de restrictions draconiennes en ce qui concerne le sodium.

Quand la maladie est très bénigne, on conseille simplement un plus grand repos alité, à domicile, après avoir régularisé la tension artérielle. Même si elle obtient la permission de rester à la maison, la malade devra cependant être surveillée de près, recevoir la visite d’une infirmière ou d’une sage-femme et consulter fréquemment son médecin. On l’informe alors des symptômes inquiétants qui pourraient lui indiquer une aggravation de son état: vision perturbée, douleur dans le haut ou au centre de l’abdomen; dès l’apparition de tels symptômes, elle doit se rendre immédiatement chez son médecin.

Que la mère soit chez elle ou à l’hôpital, l’état du bébé doit être évalué régulièrement: on vérifie quotidiennement les mouvements du fœtus, en effectuant une échographie, un monitorage fœtal voire une amniocentèse et toute autre analyse pertinente. À tout moment en cas d’aggravation de la maladie ou si la santé du bébé le rend nécessaire, on peut décider de provoquer l’accouchement: ses modalités dépendront de l’état de santé de la mère. Si l’état du col est satisfaisant, et si le bébé n’est pas en danger, on opte habituellement pour un accouchement par voies naturelles. Dans le cas contraire, on pratique une césarienne.

Généralement, une femme qui souffre de toxémie, même bénigne, ne sera pas autorisée à dépasser la date prévue de son accouchement, l’environnement utérin commençant à se détériorer plus rapidement après cette date. Selon les circonstances, le travail sera provoqué ou le bébé extrait par césarienne.

Avec des soins médicaux appropriés, l’issue de la grossesse d’une femme qui souffre de toxémie bénigne sera quasiment la même que pour une femme dont la tension artérielle est normale.

Quand la maladie est grave ou que l’on constate qu’une toxémie modérée est en train de s’aggraver, les soins sont habituellement plus énergiques. On peut entamer alors rapidement un traitement adapté afin de prévenir les convulsions, qui représentent une des complications majeures de la maladie.

Si le fœtus est presque à terme et si ses poumons sont matures, on recommande d’ordinaire un accouchement immédiat. Si le fœtus n’est pas à terme, mais qu’il a au moins 28 semaines, certains médecins opteront quand même pour l’accouchement immédiat, tant pour le bien de la mère (afin qu’elle puisse retrouver une tension normale et un état général satisfaisant) que pour celui de l’enfant (on pense alors qu’il est préférable qu’il continue sa croissance dans une unité de soins néonatals intensifs, plutôt que dans l’utérus de sa mère qui constitue alors un environnement moins favorable).

Les femmes très affectées par cette maladie feront mieux d’accoucher dans un grand centre médical bien équipé où elles disposeront des meilleurs soins possibles, pour elles comme pour leur bébé. Certains médecins, toutefois, préfèrent une procédure plus traditionnelle (du repos au lit à l’hôpital, un traitement approprié et une surveillance attentive de la mère et du bébé), donnant ainsi au fœtus plus de temps pour se développer avant la naissance.

Si on ne peut régulariser la tension de la mère ou si l’on constate une aggravation de son état ou de celui du fœtus, ces méthodes traditionnelles seront aussitôt abandonnées en faveur d’un accouchement immédiat (provoqué ou chirurgical).

Entre 24 et 28 semaines, pratiquement tous les médecins essaient ces traitements conservateurs de la toxémie, même quand elle est grave, afin de laisser le fœtus un peu plus longtemps dans l’utérus. Avant 24 semaines, le fœtus est difficilement capable de vivre à l’extérieur de l’utérus (mais une toxémie grave est heureusement très rare à ce stade de la grossesse) et il arrive qu’il soit nécessaire alors d’interrompre la grossesse pour renverser le processus toxémique, même si le bébé ne doit pas en réchapper.

On considère que les chances de connaître une issue favorable sont excellentes pour la mère qui souffre de toxémie et pour son bébé, à condition bien sûr que la maladie ait été l’objet de soins médicaux rapides et appropriés.

Les femmes affectées par la toxémie qui ne souffrent pas d’hypertension chronique retrouvent dans 97 % des cas une tension normale après l’accouchement. Le retour à la normale a lieu dans les 72 heures qui suivent l’accouchement, parfois au cours de la première semaine. Si la tension n’est pas revenue à la normale lors de l’examen de routine qui a lieu six semaines après l’accouchement, le médecin cherchera à découvrir une maladie sous-jacente.

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